Hyouka - Honobu Yonezawa (Sc.), Taskohna (ill.) & Futoshi Nishiya (conception)
Résumé éditeur Hôtarô Oreki, fraîchement arrivé au lycée, a un seul objectif : mener une vie aussi calme et sans effort que possible. Malheureusement, ses jours paisibles prennent fin lorsque sa sœur lui demande d'intégrer le club de littérature pour…


Résumé éditeur
Hôtarô Oreki, fraîchement arrivé au lycée, a un seul objectif : mener une vie aussi calme et sans effort que possible. Malheureusement, ses jours paisibles prennent fin lorsque sa sœur lui demande d'intégrer le club de littérature pour le sauver de la dissolution. En arrivant dans la salle du club, il découvre une autre première année, Eru Chitanda, qui semble déjà en faire partie. Hôtarô se laisse embarquer par la curieuse et énergique Chitanda dans une affaire de «chambre close». Parviendront-ils à résoudre ce mystère ?
J'ai refait trois fois le début de cette chronique parce que rien de ce que j'écrivais ne me plaisait. Mais, dimanche dernier, à 22h30, complètement ivre de l'incroyable résolution de l'énigme finale du challenge Bookstagram de LauraDesMots, je sens que cette fois-ci, c'est la bonne. C'est un signe du destin. Mes méninges, tels ceux d'Oreki, sont en ébullition, et j'adore la vie en rose de la recherche de solutions ! Comme la série de manga dont je vais vous parler.
Un peu de contexte (tout est relatif) pour celles et ceux qui ne suivent pas mes élucubrations farfelue : Hyouka a été un univers qui a bercé mon adolescence. C'est un anime (oui oui je vous parle après des manga, ne vous inquiétez pas) qui m'a suivi longtemps, parce que l'atmosphère, les personnages et l'histoire ont été pour moi un petit cocon rose tout doux. Alors quand j'ai appris que la série sortait en manga cette année chez Vega, je n'ai pas hésité ! J'ai pu retourner au lycée Kamiyama et retrouver le club de littérature classique de mes jeunes années (ceci est dit du très haut de mes 24 ans et 10 mois), et vraiment, quel plaisir !
Je voudrais commencer tout d'abord par l'histoire derrière l'histoire. En fait, Hyouka est originellement une série de roman d'enquêtes jeunesse (toujours rien à voir avec des manga, du coup). Initialement, le titre "Hyouka" est le sous-titre du premier roman du "Club de Littérature Classique", un peu comme chez nous les Enquêtes de Logicielle qui avaient à chaque tome un sous-titre ayant pour thème l'enquête du moment. Ecrite par Honobu Yonezawa, la même personne qui est donc au scénario du manga, cette série a eu un tel succès qu'elle a été adaptée en animé et en manga simultanément en 2012 au Japon. Et, ce que je trouve très intéressant, c'est que le studio et le mangaka aux manettes des adaptations ont été en contact artistique resserré entre eux, avec notamment des designs des personnages partagés, mais aussi avec l'auteur lui-même !
En ça, le manga et l'anime sont donc assez similaires ; je ne peux pas parler pour le roman, il n'est pas édité en France et je suis bien incapable de comprendre le japonais, qui plus est l'écrit. Cependant, les petites touches qui diffèrent d'une version à l'autre sont intéressantes, et l'adaptation en français sur papier est vraiment appréciable. En effet, ce qui restait obscur dans l'animé est traduit dans le manga : les titres par exemples inscrits sur les livres sont écrits en français dans le manga, contrairement à l'animé. De même, certaines résolutions d'énigme dans l'animé étaient assez complexes à appréhender sans une grande connaissance de la culture écrite japonaise ou sans une pause et une explication des traducteurs (big up aux fan-trad de l'époque qui avaient fait d'immense pavés explicatifs, qui que vous soyez sachez que je vous voue un culte éternel). Le manga, par le côté statique de la lecture, permet de prendre son temps pour déchiffrer les kanji, pour comprendre leur importance dans telle ou telle énigme, là où le mouvement de l'animé ne s'y prête pas tellement. L'autre point qui me fait grandement apprécier l'adaptation papier, c'est également que la focalisation sur la "vie en rose lycéenne" et le côté philosophique sont plus palpables. Bon, c'est peut-être aussi qu'ado ce n'était pas ça qui m'avait le plus marqué dans l'animé, mais bref. Il y a une vraie mise en avant de la complexité des sentiments, de la diversité des visions du monde, mais également du fait que les modes de vies, tant qu'ils conviennent à ceux qui les adoptent, ne sont pas mauvais en soit.
Concernant les énigmes, parce que c'est finalement le plus gros de l'histoire, j'aime beaucoup leur côté loufoque et pourtant résolument réalistes. Ce sont les petits mystères du quotidien qui sont souvent décryptés, ce qui apporte un charme certain audit quotidien. A travers ces énigmes, finalement, on observe le monde de manière différente, et il est toujours très intéressant de voir Oreki, le personnage principal, réfléchir sur ce que la thématique du jour lui a appris ou lui a fait réaliser.
Ce que je trouve tout particulièrement bien fait, c'est qu'en fait, au travers d'énigmes a priori insignifiantes, la vie est célébrée de nombreuses manières différentes. Même dans le cas d'un mystère qui dévoile une fin plutôt sombre ou sordide, quelque chose peut être tiré des enseignements qu'il nous a apporté. Finalement, malgré le côté de prime abord assez blasé et pessimiste d'Oreki, qui ne veut pas faire ce qu'il n'est pas obligé d'accomplir, et qui s'il doit le faire le fait vite, on accède à une vision très optimiste et rose de la vie. Pas d'un optimisme naïf et trop positif, complètement hors sol, mais plutôt une version qui, si on voit les mauvais côtés du monde, sait également en apprécier les bons côtés et qui célèbre le quotidien.
C'est assez étonnant qu'une série d'enquête soit emprunte d'une atmosphère si particulière, au point qu'elle s'infiltre dans la narration et l'histoire, mais je trouve que c'est un coup de maître. C'est une alliance exceptionnelle entre tranche de vie et enquêtes, qui est sublimée par cette touche philosophique exquise.