Sabbah de Babel
Dossiers12 mars 20253 min de lecture

La mythologie dans... La Passe Miroir

Romans écrits par Christelle Dabos, La Passe Miroir est aujourd’hui une quadrilogie incontournable pour les amoureux/amoureuses de Fantasy jeunesse ! Et comme beaucoup de Fantasy, la mythologie gréco-romaine n’a pu s’empêcher d’y mettre son grain de…

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Romans écrits par Christelle Dabos, La Passe Miroir est aujourd’hui une quadrilogie incontournable pour les amoureux/amoureuses de Fantasy jeunesse !

Et comme beaucoup de Fantasy, la mythologie gréco-romaine n’a pu s’empêcher d’y mettre son grain de sel et donc moi aussi...


Les arches et les esprits de famille

Les arches sont des îlots flottants en orbite autour du Noyau du monde. On pourrait les rapprocher de nos pays/continents dans notre réalité. Le nom et les particularités de certains font écho à la mythologie gréco-romaine : Cyclope, Le Tartare, Zéphyr, Titan, Séléné.

Les esprits de famille sont des entités qui régissent les arches qui composent l’univers de la Passe-Miroir. Les noms de ces entités sont généralement issus de la mythologie. En effet, l’esprit de famille de notre personnage principal, Ophélie, n’est autre qu’Artémis, déesse de la chasse et de la nature sauvage ! Sans doute pour faire écho au caractère intrinsèquement indépendant d’Ophélie.

Petit focus le lien entre les arches et la mythologie :

  • L’arche Cyclope, dirigée par Ouranos, maître du magnétisme. Les cyclopes, dans la mythologie gréco-romaine, sont des enfants de Poséidon, divinité de la mer et des tremblements de terre. Le magnétisme est l’ensemble de phénomènes physiques dans lesquels les objets exercent des forces attractives ou répulsives sur d'autres matériaux. On peut y voir ici une référence aux forces qui provoquent les tremblements de terre et donc Poséidon.
  • L’arche Plombor, dirigée par Midas, maître de la transmutation. Il y a ici une référence directe au mythe de Midas et de ses mains capables de transformer ce qu’il touche en or.
  • L’arche Babel, dirigée par Pollux et Hélène, qui sont, dans l’univers de la Passe-Miroir, comme celui de la mythologie grecque, des jumeaux divins.
  • Le Tartare, arche dirigée par Gaïa, maitresse du tellurisme. Le Tartare est la prison infernale des titans vaincus par Zeus. C’est l’endroit le plus bas des enfers. Gaïa est, quant à elle, la personnification de la terre. Le lien avec le tellurisme (influence de la terre, du sol, des phénomènes naturels sur les êtres vivants) est ici assez explicite.
  • Zéphyr, arche dirigée par Olympe, maître des vents. Zéphyr, dans la mythologie grecque est le dieu du vent d’ouest. Olympe est le mont sur lequel réside des divinités du panthéon grec.
  • Zeus, esprit régnant sur l’arche Corpolis, est le maître de la métamorphose. Une référence aux innombrables métamorphoses qu’opère Zeus pour batifoler loin de sa femme.
  • Perséphone est l’esprit de famille régnant sur Sidh, arche des nécromanciens. Dans la mythologie grecque, Perséphone est la reine des enfers.
  • L’arche Séléné est dirigée par Morphée, maître de l’onirisme. Séléné, dans la mythologie grecque, est la personnification de la lune, tandis que Morphée est une divinité des rêves. Tout concorde avec l’idée de nuit rêvée.

Un monde empreint de références mythologiques donc !

Écho

Dans la mythologie grecque, Echo est une nymphe. Son mythe débute lorsqu’elle distrait Héra pendant que Zeus batifole avec ses conquêtes. Quand la déesse prend conscience du stratagème, de colère, elle punit Echo qui ne pourra plus adresser la parole à quelqu’un qu’en répétant les derniers mots de son interlocuteur. Tombant amoureuse de Narcisse, mais repoussée par celui-ci, la nymphe se laisse dépérir au point de n’être plus qu’une voix. Ce récit étiologique explique le phénomène de répercussion des voix et des sons.

On remarque d’emblée, dans le monde d’Ophélie, qu’une grande place est faite à la voix. Des personnages sont soit particulièrement bavards, soit au contraire, très silencieux. Certains parlent sans réfléchir tandis que d’autres savent manier le langage avec talent. Mais ce que l’on remarque le plus, c’est la présence des échos.

Tout d’abord, ils sont présents dans les transmissions radiophoniques, à travers des mots ou des portions de phrases répétées. Ophélie se confronte pour la première fois à son propre écho grâce à un perroquet mécanique qui répète une question fondamentale pour l’univers : “Qui est je ?”. On remarque également beaucoup de lapsus, de jeux sur les mots, la syntaxe, qui revient à cette idée d’écho. L’écho d’Eulalie lui-même évolue, passant de répétition fidèle à quelques fluctuations.

L’étymologie du nom “Eulalie” est lui-même en lien avec la parole : composé du verbe grec λαλεῖν / laleîn, “parler” et du préfixe “εὖ / eû”, “bien, bon”, il signifie “parler bien, parler correctement”.

La parole, et l’écho, ont donc une place primordiale dans cet univers et fait référence au mythe tragique d’Écho, nymphe qui va perdre jusqu’à sa propre identité à cause de la colère d’une divinité.