L'Antre des louves, tome 2 : La maison à la porte dorée, Elodie Harper
Amara, esclave affranchie, mène désormais la vie luxueuse de concubine d’un puissant politicien : elle habite une magnifique demeure, se rend aux plus extravagantes fêtes, se pare des plus beaux tissus. Mais son passé la hante. Si elle a réussi à se…
Amara, esclave affranchie, mène désormais la vie luxueuse de concubine d’un puissant politicien : elle habite une magnifique demeure, se rend aux plus extravagantes fêtes, se pare des plus beaux tissus. Mais son passé la hante. Si elle a réussi à se libérer de l’Antre des Louves, le plus célèbre lupanar de Pompéi, l’idée que ses sœurs de cœur y soient restées lui est insupportable. Décidée à les délivrer, elle se fera impitoyable et vengeresse, et usera de stratagèmes terribles pour parvenir à ses fins. Néanmoins, ce nouveau rôle n’est pas sans risque : au moindre faux pas, elle pourrait tout perdre. Mensonges, trahisons, tromperies et escroqueries… Dans l’Empire romain, quand on est une femme, la survie a un prix.
Jamais je n’ai connu un livre aussi bien mais aussi énervant ! C’est un sentiment que j’avais déjà ressenti lors du premier tome mais que je retrouve décuplé dans celui-ci.
On retrouve une Amara libre mais enfermée dans une cage dorée. La peur et la menace de retrouver une vie d’esclave continue à peser sur sa tête, et donc sur l’ambiance générale du roman. Cette pression, cette urgence à trouver une situation stable et sécuritaire rend la narration pleine de tension, qui empêche le lectorat de décrocher de sa lecture.
Les relations entre les personnages sont le point fort de ce roman, avec la nuance dans la personnalité des personnages féminins (mais je reviendrai sur ce point plus tard). La manière dont Amara doit manier ses relations, telle une araignée qui tisse sa toile, montre la complexité de la société dans laquelle elle vit et de son statut fragile de concubine. J’ai beaucoup appris sur cette position très spéciale des femmes affranchies. Le lien entre esclave et maître, affranchie et protecteur est très bien expliqué et exploité.
Ce roman vous donne envie de mettre le feu à notre société patriarcale et ce système de classe sociale qui pourrit notre vie commune. Les personnages masculins, à l’exception d’un ou deux, sont tous aussi détestables et pitoyables les uns que les autres. La nuance dans la personnalité des femmes renforce par ailleurs cette impression de caricature des hommes, renversant la tendance de la majorité de notre littérature où la femme n’est là que pour être “la femme”, enfermée dans une case : la mère, l’épouse, la rebelle indépendante, la femme fatale… Ici, nous avons une palette infinie de personnalités féminines avec des personnages très différents les uns des autres et qui ont des personnalités bien plus complexes et profondes encore.
J’ai beaucoup combattu mes émotions durant ma lecture. Notamment la colère qui m’a prise pour certains personnages féminins (sombre pensée pour Victoria) qui ne sont que victimes de cette société et qui ne font que répondre comme elles le peuvent. C’est un sentiment extrêmement frustrant de se rendre compte que nos émotions sont principalement guidés par le patriarcat.
Je crois que ma chronique ne fait pas beaucoup sens. Il faut avouer que mes propres pensées et ressentis sur ce roman sont difficiles à distinguer mais si je tarde trop, je ne ferai sans doute jamais cette chronique.