Sabbah de Babel
Dossiers30 juillet 20253 min de lecture

Les magiciennes au Moyen-Âge

Circé, Médée, Hécate, Ishtar, Isis, Lilith, Morgane… qu’ont toutes ses femmes en commun ? La magie. Puissantes magiciennes, grandes séductrices, elles ont envouté notre littérature et notre monde. Mais les connaissons-nous réellement ? Petit focus su…

Les magiciennes au Moyen-Âge
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Circé, Médée, Hécate, Ishtar, Isis, Lilith, Morgane… qu’ont toutes ses femmes en commun ? La magie. Puissantes magiciennes, grandes séductrices, elles ont envouté notre littérature et notre monde. Mais les connaissons-nous réellement ? Petit focus sur celles qui ont occupé le Moyen-Âge !

Au Moyen-Âge, les sorcières étaient des femmes ayant la connaissance des plantes médicinales qui pouvaient guérir ou bien aussi tuer. Cette ambiguïté se ressent dans la littérature même, notamment dans l’univers arthurien.


Morgane

La Fée Morgane est un personnage récurrent et important du mythe arthurien. Demi-sœur magicienne du roi Arthur, elle est tout d’abord présentée positivement, mais elle se transforme peu à peu en une antagoniste en fonction des versions. Son rôle devient alors de plus en plus ambiguë, naviguant entre la maléfique séductrice et la puissante enchanteresse désapprouvée par la société patriarcale médiévale.

Quelle que soit la version, cependant, elle est toujours considérée comme une puissante magicienne, tantôt disciple de Merlin, tantôt celle de Viviane. Elle possède un don pour les plantes, notamment médicinales. Cependant, ces connaissances sont très ambivalentes et Morgane navigue entre la guérisseuse et l’empoisonneuse. En effet, dans certaines versions, c’est une guérisseuse qui soigne les chevaliers qu’elle croise, tels qu'Yvain, Lancelot ou même Arthur. Mais selon d’autres versions, elle n’hésite pas à endormir Lancelot pour l’enferme dans une prison ; elle aggrave la santé d’Alexandre qui est blessé pour le pousser à lui prêter allégeance contre la guérison.

La particularité de Morgane réside dans la complexité de sa personnalité : fée ou humaine, bénéfique ou maléfique, apparentée à Arthur ou non… Elle est myriade de nuances, créant un personnage aussi mystérieux que passionnant à étudier, proche des déesses qui ont sans doute inspiré les auteurs de l’époque.

Présence dans les œuvres : les romans du cycle arthurien, Le Cycle d'Avalon de Marion Zimmer Bradley, L'Apprentie de Merlin de Fabien Clavel.

Iseut (ou Iseult, Yseut, Yseult)

Qui ne connaît pas l’amour épique entre Tristan et Iseut ? Mais peu s’intéresse finalement au personnage d’Iseut dans son individualité.

Iseut La Blonde, ou Iseut aux mains blanches est la fille d’un roi d’Irlande. Elle tombe amoureuse du chevalier Tristan, qui siège à la Table Ronde. Elle est connue pour ses pouvoirs de guérisseuse, ayant soigné les blessures de Tristan. Il est d’ailleurs difficile de séparer l’un de l’autre, formant à eux deux la représentation de l’amour adultère dans la littérature courtoise. Iseut semble donc être une figure féminine quelque peu effacée par rapport aux exploits de Tristan, se révélant certes comme une guérisseuse de talent, mais aussi comme la demoiselle en détresse.

Présence dans les œuvres : Tristan et Iseut (plusieurs versions disponibles).

Viviane (ou Niniane, Nynève, Nimué)

La Fée Viviane ou la Dame du Lac, est l’une des magiciennes les plus connues de la tradition européenne. Figure mythique du cycle arthurien, elle est l’une des magiciennes les plus puissantes de cette mythologie. Viviane maîtrise les enchantements et les savoirs de la nature enseignés par Merlin.

Du côté étymologique, Nimué serait liée à Mnémé, ou Mnémosyne, mère des Muses dans la mythologie gréco-romaine. Une autre racine possible serait un lien avec la déesse galloise Rhiannon. Un lien magique certain donc.

Vivant au Lac (seigneurie féerique), elle serait, en fonction des versions, celle qui élève le chevalier Lancelot, la gardienne de la célèbre épée Excalibur, mais aussi la mentor de Morgane, qui en fait une magicienne.

Selon les versions, elle représente principalement la femme bienveillante, s’opposant à Morgane, qui représente la maléfique séductrice. Inspirée de la déesse gréco-romaine Diane/Artémis, Viviane a conservé le refus de l’amour charnel, le goût de la forêt et des eaux.

Si son image est globalement lumineuse et bienveillante, elle garde tout de même une dimension quelque peu inquiétante, notamment concernant son histoire avec Merlin, qu’elle aurait enfermé dans une tour de verre ou dans un arbre afin de le garder à jamais auprès d’elle. Elle est également réputée pour sa grande jalousie envers les femmes qui côtoient Merlin.

Présence dans les œuvres : les romans du cycle arthurien, Le Sorceleur d’Andrzej Sapkowski, les comics Hellboy, Le Cycle d'Avalon de Marion Zimmer Bradley.