Sabbah de Babel
Antiquité8 juin 20253 min de lecture

Les magiciennes dans l'Antiquité

Circé, Médée, Hécate, Ishtar, Isis, Lilith, Morgane… qu’ont toutes ses femmes en commun ? La magie. Puissantes magiciennes, grandes séductrices, elles ont envouté notre littérature et notre monde. Mais les connaissons-nous réellement ? Petit focus su…

✦

Circé, Médée, Hécate, Ishtar, Isis, Lilith, Morgane… qu’ont toutes ses femmes en commun ? La magie. Puissantes magiciennes, grandes séductrices, elles ont envouté notre littérature et notre monde. Mais les connaissons-nous réellement ? Petit focus sur certaines d’entre elles !

Isis, la déesse mère

Déesse funéraire, déesse de la magie, sœur et épouse du roi Osiris, Isis est une déesse importante de la mythologie égyptienne. Elle est considérée par les Égyptiens comme une déesse rusée et une grande magicienne : elle revivifie Osiris après son meurtre et son démembrement par son frère jaloux. Elle est présente dans de nombreux papyrus magiques, figure de la féminité et de la maternité. Sa popularité dépasse l’Égypte aux alentours du XXIVe siècle avant notre ère, arrivant notamment en Grèce antique, qui la rapproche de la divinité Déméter - la quête de Perséphone fait écho à la quête d’Osiris - .

Dans les années 1950 aux États-Unis, elle est vénérée par les Wiccan.es comme une grande déesse originelle, maternelle et lunaire.

Canidie, la vieille sorcière

Canidie est une sorcière qui apparait dans les écrits de Horace. Sa particularité est qu’elle ni tout à fait réelle, ni tout à fait fictive : il semble qu'elle ait été créée en reprenant les caractéristiques de personnages réels, avec peut-être une allusion plus spécifique à une sorcière en particulier.

Etymologiquement, Canidia signifie “la vieille aux cheveux blancs” ou “à la hideuse face”. Elle serait possédée par une folie qui transparaît dans son apparence physique. Elle engendre très probablement le stéréotype de la vieille sorcière qui terrifie tout le monde.

Nécromancienne, elle pratique la magie noire qui permet de communiquer avec les esprits et les divinités. Sa science est issue du pays de Colchide, pays d’origine de la célèbre Médée (cf. article précédent).

D’après Horace, elle entre dans le domaine de la magie car elle cherche à faire revenir son amant qui s’est détourné d’elle. Elle connaîtrait donc les principes de la magie sympathique (capacités à contrôler autrui à distance).

Érichtho, entre vie et mort

Erichto est une sorcière thessalienne, qui apparaît dans les écrits de Sappho puis de Lucain et d’Ovide. Nécromancienne également, elle est capable de communiquer avec les morts afin de prédire l’avenir.

Puissante magicienne, elle possède des charmes magiques et une capacité à plier les divinités - notamment celles des enfers - à sa volonté. Maléfique, elle s’en prend aux autres femmes et refuse la société.

La singularité d’Erichto réside dans le fait qu’elle n’appartient ni à la catégorie de la puissante magicienne, jeune et séduisante (Médée, Circé…), ni à la vieille sorcière repoussant et marginale (Canidie). On va parfois jusqu’à se demander si elle fait partie du monde des morts ou des vivants : elle possède une apparence cadavérique, vit dans les cimetières et s’attaque à l’ordre même de la nature. Elle est considérée comme impie et sacrilège.

Méroé, la maléfique

Méroé est une sorcière qui apparaît dans les écrits d’Apulée, notamment dans Les Métamorphoses ou L’âne d’or. Sorcière maléfique, elle se venge d’un personnage qui la heurte dans son égo.

L’étymologie de son nom semble lui donner une origine égyptienne : Méroé est une cité insulaire au sud du pays. L’Égypte est d’ailleurs réputée pour être pourvoyeuse d’un savoir occulte qui a longtemps fasciné les Grecs.

Dépeinte comme une vieille sorcière cupide qui offre ses charmes, elle aurait eu des dons de métamorphose. Elle est souvent comparée à la magicienne Médée aux pouvoirs inconsidérables.

Locuste, l’empoisonneuse

Locuste est une sorcière, plus particulièrement une empoisonneuse, ayant réellement existé. Elle aurait été celle qui a empoisonné l’empereur Claude pour le compte de sa femme, Agrippine, puis Britannicus. Elle est condamnée à mort par l’empereur Galba en janvier 69. Elle pratiquait la mithridatisation : c’est une technique qui consiste à ingurgiter une dose de poison de plus en plus forte afin de s’en prémunir.