Les magiciennes dans le monde
Circé, Médée, Hécate, Ishtar, Isis, Lilith, Morgane… qu’ont toutes ses femmes en commun ? La magie. Puissantes magiciennes, grandes séductrices, elles ont envouté notre littérature et notre monde. Mais les connaissons-nous réellement ? Parce que, fin…
Circé, Médée, Hécate, Ishtar, Isis, Lilith, Morgane… qu’ont toutes ses femmes en commun ? La magie. Puissantes magiciennes, grandes séductrices, elles ont envouté notre littérature et notre monde. Mais les connaissons-nous réellement ? Parce que, finalement, les sorcières hantent bien plus que les histoires européennes, voici une petite sélection des plus grandes sorcières du monde entier.
- YAMA-UBA, LA SORCIÈRE JAPONAISE
Yama-Uba est une sorcière japonaise qui se rapproche du mythe de la Baba Yaga slave.
Vieille femme d’apparence frêle, Yama-Uba peut se transformer brusquement en une figure cauchemardesque avec des cornes, une chevelure de serpents et une deuxième bouche qui apparaît sur le dessus de sa tête, qu'elle utilise pour dévorer ses proies. Certaines légendes affirment même qu'elle peut dévier les balles et maîtriser les ténèbres.
C’est une femme vivant en marge de la société loin de la civilisation humaine, dans des lieux isolés, fidèle aux caractéristiques des sorcières de conte. Elle est souvent décrite comme accueillant les voyageurs égarés en leur offrant un abri et de la nourriture. Cependant, certaines légendes, notamment les plus connues, racontent qu’elle est cannibale. Elle est dotée de pouvoirs surnaturels : Elle serait capable de pouvoirs de métamorphose, et notamment capable de mettre ses cheveux en mouvement ou bien de les transformer en serpent à la manière d’une gorgone. Stupéfiant !
Cependant, d’autres récits lui attribuent toutefois aussi un aspect plus bienveillant : dans certains d’entre eux, elle peut venir en aide aux humains, leur offrir des richesses ou des services. Plusieurs variantes la décrivent alors comme une belle jeune femme envoutante. Parce qu’on ne peut décidément pas être gentille et laide ou belle et méchante.
- BOO HAG, LA SORCIÈRE AFRO-AMÉRICAINE
Connue pour retirer sa peau et se glisser dans de petites ouvertures, comme les trous de serrure pour envahir les maisons et contraindre les personnes à commettre des méfaits, Boo Hag hante les récits afro-américains.
Selon les légendes, elle serait assimilée à la figure du vampire, à la différence qu’elle tire sa subsistance du souffle de sa victime et non de son sang. Elle serait donc au carrefour entre le vampire et la succube. En effet, elle attendrait le sommeil de ses victimes pour aspirer leur souffle et leur insuffler un sommeil plein de rêves. Elle aurait tendance à laisser sa victime en vie pour s’en alimenter plusieurs fois.
- CHEDIPE, LA SORCIÈRE-VAMPIRE INDIENNE
En parlant de vampire, nous avons aussi Chepide, la sorcière-vampire qui terrorise les récits indiens. Une légende raconte que lorsque Chedipe, une redoutable sorcière de la région du fleuve Godavari en Inde, pénètre dans une maison, elle commence par plonger chaque personne qui s'y trouve dans un profond sommeil, se rapprochant de la légende de Boo Hag. Une fois ses victimes vulnérables, elle songe au moyen le plus terrifiant de les torturer. Sympathique non ?
Elle s’avère d’ailleurs très créative : saigner ses victimes par les orteils, leur arracher la langue ou encore insérer des bâtons brûlants avec des flammes occultes sous leur peau. La sorcière indienne peut également avoir des relations sexuelles avec les hommes mariés endormis de la maison, semant des graines psychiques de méfiance dans l'esprit de leurs femmes et se nourrissant du chagrin qui en résulte. Fun fact : elle aurait inspiré la dimension sexuelle des vampires européens comme Le Vampire de John William Polidori ou Dracula de Bram Stoker.
- LA LECHUZA, LA SORCIÈRE HIBOU D’AMERIQUE CENTRALE
Sorcière d’Amérique centrale, la Lechuza est une vieille sorcière capable de se transformer en un immense hibou blanc, aux yeux noirs. Elle est de grande taille et peut atteindre les quinze mètres d’envergure. Elle ressemblerait donc à un mélange de sorcière et d’animal, tel un hibou avec une face humaine.
D’après la légende, la Lechuza se venge de ceux qui ont attiré sa colère ou de ceux qui l’ont blessée. Chassant la nuit, elle imite les cris d’un bébé ; les humains croyant entendre un enfant perdu ou abandonné, se dirigent vers lui et ainsi tombent dans son piège. Les hommes ivres sont ses victimes favorites, car ils sont plus faciles à piéger. Il est dit, parfois, qu’elle guette ses victimes, perchée sur un poteau ou un arbre, puis se jette sur leur voiture, tel un hibou.
Pour s’en prendre à ses victimes, elle pactise avec le démon, devient une bruja (une sorcière) et obtient des pouvoirs. On dit qu'elle les emporte dans son nid pour un festin macabre ou qu'elle les tue instantanément d'un simple contact avec ses plumes maudites.
La Lachuza peut modifier le temps, déclencher des tempêtes, décharger les batteries des voitures. Elle serait insensible face aux armes à feu et à la plupart des armes blanches.
Ces dernières années, les femmes et les personnes queers ont commencé à reprendre la figure de La Lechuza comme un symbole de force.
- BABA YAGA, LA SORCIERE SLAVE
Baba Yaga est une figure mythologique du folklore slave, capable d’exercer un pouvoir sur la vie et la mort. Dans certains contes, elle représente l'hiver et la fin des moissons, incarnant l'inévitabilité de la décadence et de la transformation. Dans d'autres, elle contrôle la frontière entre les morts et les vivants. Pourtant, Baba Yaga n'est pas qu'une figure effrayante. En fonction de la façon dont on l'approche, elle peut offrir sa sagesse ou son aide…. Ou alors elle peut vous dévorer pour son prochain dîner, surtout si vous êtes un enfant.
Souvent dépeinte comme ayant des dents de fer, une jambe osseuse et comme étant partiellement aveugle, cette vieille sorcière vit dans une hutte qui tient à l'aide de pattes de poulets, qui ressemble à un cercueil orné d'ossements humains, capable de se déplacer selon la volonté de la sorcière.
- AÏCHA KANDISHA, LA SORCIERE ARABE
Aïcha Kandisha est une créature de la mythologie maghrébine qui se rapproche de la figure du succube : elle séduit les hommes solitaires afin de coucher avec eux… puis les mange ! Aïcha Kandisha serait d'origine cananéenne, elle aurait peut-être en lien avec Astarté, déesse de la fertilité.
Selon la version marocaine, elle serait une femme originaire d'El Jadida. Aïcha Kandisha aurait en apparence, une beauté sans pareille mais cacherait un corps hideux.
Dans la version du XVIe siècle, elle aurait combattu l'envahisseur portugais au Maroc en séduisant des soldats qui sont tués par des complices. En représailles, les Portugais tuent son fiancé, ainsi que sa famille selon les versions. Devenue folle, elle s'enfuit et erre depuis dans la forêt. La rumeur court qu'elle dévore les jeunes hommes, ou détourne les maris de leurs épouses avant de les manger.
Le personnage serait inspiré par une obscure réelle personne mais la tradition l'aurait transformé en une sirène-ogresse à la sexualité insatiable. Aujourd’hui, son mythe est raconté pour provoquer la crainte chez les petits enfants. Elle est, dans l’imaginaire marocain, un symbole du fantasme, du danger, de la nuit et de la sexualité.