Méduse, Jessie Burton
Féministe et vibrante d'émotion, l'histoire d'une grande figure mythologique réinventée par Jessie Burton. Exilée sur une île lointaine après avoir été abusée par des dieux puissants, Méduse a peu de compagnie en dehors de ses sœurs devenues des Gorg…


Féministe et vibrante d'émotion, l'histoire d'une grande figure mythologique réinventée par Jessie Burton.
Exilée sur une île lointaine après avoir été abusée par des dieux puissants, Méduse a peu de compagnie en dehors de ses sœurs devenues des Gorgones et des serpents qui lui tiennent lieu de chevelure. Hantée par ses souvenirs, elle n'a d'autre choix que de se réconcilier avec ce qu'elle est désormais: une créature monstrueuse. Mais quand le beau Persée arrive dans sa vie, la paix de son existence solitaire vole en éclats, avec l'apparition du désir, de l'amour... et de la trahison.
Il semblerait que j'enchaîne les déceptions du côté de la mythologie. Après le roman de Médée, je me suis laissée tenter par Méduse, qui avait été acclamée par les critiques. Je me suis dis que j'allais faire confiance et… malheureusement, ça n'a pas fonctionné. Let's find out why.
J'adore les réécritures mythologiques. En particulier, quand elles sont féministes. Reprendre un mythe, le remettre au goût du jour, travailler le lien entre l'ancien et le nouveau, apporter un regard différent. Vous le savez, je suis une grande admiratrice de Madeline Miller, de Rick Riordan. Chacun.e voit la mythologie d'un angle totalement différent, mais I'm in. I'm all in. Mais là… Là non.
Le personnage de Méduse n'est pas Méduse. Je l'ai trouvé infantilisée, biaisée par un regard purement contemporain. Oui, Méduse est jeune, mais, à cette époque, c'est déjà une adulte. Et ça, il faut le prendre en compte. Il faut prendre en compte le fait que les mentalités n'étaient pas les mêmes et que la maturité n'était donc pas la même. Ici, nous avons donc affaire à une Méduse adolescente, naïve et vulnérable. Pourquoi pas, mais personnellement, cela m'a fait me détacher du personnage. Pourquoi ? Sans doute parce qu'à nouveau, cela s'est opposé à l'image que je me faisais de Méduse. Et comme pour Médée, cela n'a pas matché.
Le plus gros bémol pour moi, c'est l'écriture. Je le disais plus haut, j'admire le travail de Madeline Miller et je suis en pâmoison face à son style. Mais ici, j'ai été face à un style plat, un style que je qualifie, tout à fait arbitrairement et qui n'engage absolument que moi de "purement anglophone". Alors, oui, je sais, Madeline Miller est aussi une anglophone. Mais pas tout à fait le même style.
Je m'explique : les francophones adoooorent les phrases longues et alambiquées. On utilise des synonymes à tout-va, des juxtapositions, des figures de style en veux-tu en voilà. Les anglophones sont plus… sobres. Les phrases sont courtes, vont droit au but. Parfois, cela fonctionne parfaitement. Je pense notamment à Hunger Games, qui retranscrit par le style, un monde rude et cruel. Mais ici, j'ai trouvé que ça retirait toute l'émotion des personnages et de l'histoire, ce qui est bien dommage.
Vient ensuite mon plus gros souci avec ce livre : le parti-pris concernant le personnage de Persée. C'est le SEUL héros qui vaut la peine !! Pourquoi le noircir de cette manière ? D'après le mythe, Persée ne connaît l'histoire de Méduse que trop tard. Il refuse de céder aux DIVINITÉS qui l'ont embarquées dans cette affaire, il sauve Andromaque au passage et refuse de tuer son grand-père. Il fait preuve de toutes les vraies qualités d'un héros. Or ici, ce n'est pas le cas et vraiment, j'ai du mal à le digérer.
Écrire un récit féministe pour dénoncer les mauvais actes des hommes, très bien. Mais pourquoi s'en prendre aux seuls qui se comportent correctement ? C'était ici l'occasion parfaite d'avoir l'image d'un homme déconstruit, d'avoir un homme féministe dans la mythologie et l'occasion n'a pas été saisie. C'est bien dommage.
Dernier point négatif pour moi : forcer une romance dans une histoire qui n'en contient pas à la base. J'adore la romance, vraiment, aucun problème avec. Mais pour une fois, on n'avait affaire à un duo de la mythologie qui n'était pas un couple et on aurait pu avoir quelque chose de nouveau. Mais non, étant donné que c'est libellé "jeunesse" (ou "young adult"), il faut forcément une romance. Une nouvelle occasion loupée.
Et dernier des derniers points, qui est absolument subjectif... Pourquoi les chiens ????
Pour conclure, ce fut une réelle déception sur presque tous les points. Mais à nouveau, cela n'engage que moi donc il est possible qu'il vous tombiez sous son charme.