Sabbah de Babel
Imaginaire23 août 20233 min de lecture

Nécropolis 1 : La tour de l'aigle, Fabrice Colin

Bienvenue dans le plus grand cimetière du monde…   Suspense, aventure et magie dans un cadre gothique surprenant : une ville-cimetière ! Violet, Robin, Astor et Lee-Anne sont Apprentis à l’Institut Saint-Ange. Cette école les forme à devenir les…

Nécropolis 1 : La tour de l'aigle, Fabrice Colin
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Bienvenue dans le plus grand cimetière du monde…  
Suspense, aventure et magie dans un cadre gothique surprenant : une ville-cimetière !
Violet, Robin, Astor et Lee-Anne sont Apprentis à l’Institut Saint-Ange. Cette école les forme à devenir les prochains Gardiens de Nécropolis, la cité où sont enterrés des milliers de morts qui n’ont pas trouvé le repos. Leur scolarité se passe sans accroche jusqu’au jour où une menace, bien plus terrible que les morts-vivants qu’ils ont l’habitude de combattre, s’abat sur eux…

C’est un peu par hasard que je suis tombée sur ce roman jeunesse au salon de Montreuil 2021. Le titre m’a immédiatement attirée, la couverture m’a clairement tapée dans l’œil et le résumé a achevé de me convaincre !

Bienvenue donc à Nécropolis, la cité des Morts, cimetière immense où tous les habitants d’Arcandia viennent finir leurs jours… et se réveillent. Parce que voilà, ce monde est en proie à un petit problème mortuaire : les défunts ont tendance à revenir, sous une forme ou sous une autre, d’entre les morts, pour le plus grand déplaisir des vivants. La solution est donc pour les habitants de Ravenor, territoire ceint par une haute muraille, encadré par des montagnes, arrêté par l’océan, de devenir des Gardiens et d’ainsi mettre au repos les morts les plus récalcitrants. Et c’est justement la voie que veulent emprunter quatre jeunes, Violet, Lee-Ann, Robin et Astor.

J’ai beaucoup aimé comment l’auteur a mis en place l’univers, à la fois au travers de rêves, d’examens, de flashback, et de descriptions. Le paysage est vivant, il est violent, rude, sans pitié, mais d’une beauté sans nom. Fabrice Colin arrive réellement à dresser un panorama absolument saisissant de son univers, qu’il personnifie à loisir, le rendant absolument majestueux. J’ai réellement eu un coup de cœur pour sa plume.

J’ai également beaucoup apprécié le travail sur les croyances et sur les rites qu’apporte ce roman. Oui les morts pourraient être brulés plutôt qu’être enterrés, mais ce n’est pas dans les coutumes ; en effet, personne ne sait pourquoi les morts reviennent, juste qu’ils reviennent et qu’ils faut s’occuper d’eux et les aider à obtenir la lumière ; certes, les habitants de Ravenor ont des pouvoirs qui sont décuplés par la Vertu, l’énergie phénoménale et mystérieuse qui permet à la ville de veiller sur le cimetière. La justification se trouve finalement dans la foi en vigueur dans cet univers, ce qui est très intéressant.

Autre point d’intérêt : les nombreux échos à d’autres œuvres littéraires de cette lecture. En tant que Lettres Classiques, j’ai adoré le titre et les si récurrentes références à l’Antiquité romaine ! Je me suis même amusée à relire ce premier tome pour noter toutes les références que j'y trouvais, et il y en avait légion (ah-ah, légion, romain, vous l’avez ?). Pareillement, mais c’est peut-être Nawal et son amour d’Harry Potter qui m’influencent, il me semble avoir décelé quelques petits clins d’œil bien amenés !

Enfin, ce roman est très bien pensé et réfléchi, et pourrait être, me semble-t-il, un matériel pédagogique pertinent sur plusieurs points : l’auteur illustre dans nombre de ses chapitres la différence entre discours direct, indirect et indirect libre ; il réinterprète et mêle des éléments de religion romaine et des éléments des religions du Livre pour créer une nouvelle foi ; il reprend la thématique de la prophétie en modernisant son médium d’expression traditionnel (l’oral) pour un nouveau, celui du 9e art.

Grand coup de cœur pour ce premier tome, donc, que j’ai trouvé vraiment très intéressant et intriguant !