Sabbah de Babel
Littérature générale4 octobre 20232 min de lecture

Verte, Marie Desplechin

Résumé éditeur : À onze ans, la petite Verte ne montre toujours aucun talent pour la sorcellerie. Pire que cela, elle dit qu'elle veut être quelqu'un de normal et se marier. Elle semble aussi s'intéresser aux garçons de sa classe et ne cache pas son…

Verte, Marie Desplechin
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Résumé éditeur :

À onze ans, la petite Verte ne montre toujours aucun talent pour la sorcellerie. Pire que cela, elle dit qu'elle veut être quelqu'un de normal et se marier. Elle semble aussi s'intéresser aux garçons de sa classe et ne cache pas son dégoût lorsqu'elle voit mijoter un brouet destiné à empoisonner le chien des voisins. Sa mère, Ursule, est consternée. C'est si important pour une sorcière de transmettre le métier à sa fille. En dernier ressort, elle décide de confier Verte une journée par semaine à sa grand-mère, Anastabotte, puisqu'elles ont l'air de si bien s'entendre. Dès la première séance, les résultats sont excellents. On peut même dire qu'ils dépassent les espérances d'Ursule. Un peu trop, peut-être.

Verte est un des premiers livres, si ce n'est le premier, que j'ai dévoré. Notre maîtresse nous l'avait fait lire, et je me souviens encore de mon excitation à chaque page, de mon envie de continuer toujours plus. Je crois bien qu'on n'était pas sensé tout lire d'un coup, s'arrêter chapitre par chapitre… moui, bah moi, j'ai tout lu d'une traite !

Et 15 ans après, je le lis toujours d'un coup ! Quel plaisir de retrouver Verte, sa mère, sa grand-mère et Soufi !

L'intrigue est simple, efficace et terriblement mignonne : Verte descend d'une famille de sorcière, ce qui signifie qu'elle va en devenir une elle aussi un jour. Mais Verte ne veut pas, elle, elle veut être une petite fille normale. Sa mère, sorcière professionnelle, ne l'entend certainement pas de cette oreille et n'a de cesse de se plaindre à sa propre mère Anastabotte, qui décide alors de prendre la petite sorcière sous son aile.

Les personnages, si contrastés les uns par rapport aux autres, sont très attachants et bien construits. S'ils ont souvent des opinions qui divergent, et se prennent donc le bec à ce propos, le petit univers qu'ils composent reste plein d'amour quoiqu'un peu étrange.

L'une des forces de ce roman c'est sa narration : il est écrit à la première personne, mais le point de vue change de temps à autre, nous donnant ainsi plusieurs aperçus d'une même situation.

J'ai personnellement adoré le point de vue de Soufi, incroyablement drôle. Le pauvre est embarqué dans des affaires rocambolesques uniquement parce que Verte et sa ressemblance frappante avec quelqu'un (mais qui ? Impossible de remettre le doigt dessus) l'intrigue.

C'est également une belle métaphore de l'acceptation de soi et des traditions familiales, aussi “étranges” puissent-elles sembler à première vue, à travers cette petite histoire de sorcières !

Bref, une petite lecture nostalgique, pleine d'humour et de scènes touchantes, qui renouvelle le coup de cœur que j'avais eu petite !